Le secteur de la santé n’échappe pas à la fameuse transformation digitale. L’utilisation du web, des applications et des smartphones commence à faire partie du quotidien des médecins et de leurs patients. Nous présentons dans cet article les avantages majeurs proposés par le numérique pour fluidifier et simplifier le parcours des patients.

Un contexte favorable au développement des usages digitaux dans le parcours de santé

Le marché de l’e-santé en France ne cesse de se déployer et de se développer. On l’évalue entre deux et trois milliards d’euros. En France, 100 millions d’euros ont été investis dans ce secteur et celui du bien-être en 2016, ce qui en fait l’un des secteurs les plus attractifs sur l’année. Les patients sont largement demandeurs, puisque 78% des Français favorables au développement de l’e–santé

La stratégie nationale de santé, qui constitue le cadre de la politique de santé en France pour 2018-2022, publiée le 20 décembre dernier, accorde une belle place au numérique. L’axe est mis sur la généralisation de l’usage de la télémédecine, la formation est repensée pour intégrer aux parcours de formation la e-santé et la télémédecine, et sont pris en compte les enjeux liés à la transformation numérique, à la robotisation, à l'intelligence artificielle et aux innovations en santé. Pour permettre une accélération de cette transformation digitale du système de santé, elle prévoit également, entre autres, un déploiement à l'ensemble de la population du dossier médical partagé (DMP) ou encore une "éducation pour la santé en ligne" aux patients.

La santé connectée commence à être présente dans les cursus de formations, et l'Université Paris Diderot à Paris vient d'ouvrir un premier diplôme universitaire de santé connectée, une formation continue d'un an pour les professionnels de la médecine.

Les plateformes e-santé : une nouvelle forme d’accompagnement des patients

Depuis quelques années déjà, des plateformes de prises de rendez-vous médicaux en ligne ont fait leur apparition. Elles proposent un descriptif complet des praticiens (spécialité, adresse du cabinet, secteur de convention, prix, etc.), permettent de les rechercher par spécialité et communes, et permettent la prise de rendez-vous directement en ligne.

Elles répondent à un vrai besoin quand on sait que le délai moyen d'obtention d'un rendez-vous chez un médecin spécialiste libéral est passé de 48 à 61 jours en cinq ans, et que ces délais d'attente sont la première cause de renonciation aux soins. Selon le fondateur de Doctolib, 2,3 milliards de prises de rendez-vous médicaux sont réalisées chaque année en France. Doctolib est consulté chaque mois par plus de 11 millions de personnes, et a levé en novembre dernier 35 millions d'euros, afin de s’étendre en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Suisse et aux Pays-Bas. La plateforme MonDocteur (qui est adossée au site Doctissimo et au groupe Lagardère), annonce compter 12.000 médecins inscrits, et gérer plus de 2 millions de rendez-vous par mois. La plateforme 123medecins enregistre quant à elle près de 3 millions de recherches mensuelles.

Ces plateformes facilitent la prise de rendez-vous, et rendent également possible la prise de rendez-vous de dernière minute. Le rappel via mail et sms la veille du rendez-vous est un avantage pour les patients, et également pour les médecins, qui déclarent perdre pas mal de rendez-vous et d’argent chaque année, en raison notamment des consultations non honorées, où les patients ne signalent pas leur désistement ou oublient.

L’adressage de patients et la facilitation du transport pour Mondocteur, et l’accès aux médecins hospitaliers facilité pour Doctolib

Les 2 leaders des plateformes médicales en ligne ont récemment annoncé deux nouveaux services qui vont encore faciliter le parcours des patientsMondocteur permet l’adresse de patients en ligne : les médecins peuvent rechercher un confrère en ligne via MonDocteur, accéder à ses disponibilités et prendre directement rendez-vous chez lui pour ses patients. Ils peuvent y joindre un courrier d'accompagnement ainsi que des documents médicaux ou des comptes-rendus de consultation de façon sécurisée. Pour simplifier encore plus la vie du client, Mondocteur a passé en 2016 un accord avec Uber pour que les utilisteurs qui prennent rendez-vous chez un médecin puisse s'y faire emmener par un chauffeur. Du côté de Doctolib, un partenariat avec l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) donnera accès dès mi 2018 à 9 000 médecins hospitaliers pour prendre rendez-vous.

Le pharmacien confronté à la numérisation du parcours de santé

D’après l’étude réalisée en décembre dernier par les échos, les pharmacies sont encore en retard sur leur transformation digitale, mais elles doivent en saisir l’opportunité pour développer et approfondir la relation avec les patients : digitaliser l’information et le suivi des patients, recommander des appli mobiles, conseiller des objets connectés « santé ». 

L’Etude réalisée par Satispharma/OpinionWay tend aussi à démontrer que le pharmacien pourrait être l'acteur de santé de demain. Les patients réclament que la pharmacie joue un rôle de coordinateur de santé.1 patient sur 2 aimerait que son pharmacien prenne en charge ses rendez-vous avec les professionnels de santé (médecins généralistes, spécialistes, infirmiers), et ils considèrent très majoritairement que le pharmacien a un rôle à jouer lors d'une hospitalisation, il doit en être informé et permettre une bonne transition avant et après le séjour à l'hôpital. 82% des 18-34 ans souhaitent que le click and collect soit possible en pharmacie, leur permettant de réaliser leurs commandes de médicament sur internet et les retirer sans faire la queue en magasin, et 54% des patients aimeraient que leur pharmacie mette en place un service de livraison à domicile

Des médecins de plus en plus digitalisés, mais frileux sur les objets connectés 

Les médecins semblent inquiets de l'usage de plus en plus développé des outils digitaux dans leur métier. Une majorité (55%) des 434 médecins interrogés pour le « Baromètre Santé 360° » estiment qu'ils vont détériorer les relations avec le patient, en limitant le contact humain. Mais ceci est à nuancer selon les générations de médecinsUne étude publiée en février par le Lab e-Santé auprès de 545 médecins et pharmaciens, étudiants ou en activité de moins de 35 ans, révèle que les jeunes médecins sont totalement connectés, puisqu'ils sont 99% à disposer d'un smartphone et 77% à disposer d'une tablette. 92% vont sur Internet pour chercher une information médicale, et 86% utilisent une application mobile de santé. 44% de ces médecins de moins de 35 ans estiment que les outils digitaux "améliorent ou amélioreront les relations des médecins avec les patients"

Cependant, ils sont peu nombreux à conseiller à leurs patients d'utiliser des applications ou objets connectés santé : un quart seulement des jeunes médecins en ont déjà proposé ou recommandé. Le Baromètre du médecin connecté indique lui que 61% des médecins n’en ont jamais recommandés à leurs patients et qu'ils s’estiment mal formés à 54%. Or, portés par le taux de pénétration élevé des portables, ces objets connectés s’imposent de plus en plus comme un nouveau segment du marché de la santé. Une étude OpinionWay indique que 73% des Français plébiscitent le secteur de la santé connectée quand il s’agit de l’utilité concrète des objets connectés. 

 

Le monde médical n'échappe pas à la digitalisation des parcours clients. Le numérique doit désormais faire partie intégrante de la pratique professionnelle, et les médecins, qui deviennent  lentement mais sûrement dépendants de services en ligne, doivent s'y impliquer activement. Pour l’instant, tout se résume à des prises de rendez-vous. Mais apparaissent déjà des applications mobiles qui permettent d’appeler un médecin à domicile qui se trouve près de chez soi grâce à la géolocalisation, comme Docadom, pour l'instant en phase de test dans le nord parisien. La multiplication de ces outils met le patient au centre de la relation, il devient ainsi de plus en plus acteur de sa propre santé, et est demandeur de services "mobile first" et lui proposant une expérience médicale personnalisée. 

 

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